Jour 28 - West End et Downtown Dallas

 

[Nous interrompons la programmation pour un message d'intérêt public] Ouf, on l'a échappé belle, on aurait pu, grâce à quelques milliers de membres de la CAQ, se ramasser avec Bernard Drainville comme premier ministre jusqu'en octobre. Pas certaine qu'on serait rentrés au bercail dans ces conditions.

[Retour à la programmation régulière] 1963. 22 novembre. Vendredi. Au sixième étage de cet édifice de Dallas, se serait tenu un individu armé d'une mitraillette, entouré de boîtes de carton remplies de livres destinés à des écoles. Le tir serait parti de la fenêtre du coin. Le tir (ou les tirs, il y en aurait eu trois) a tué le président des États-Unis, John F. Kennedy, et blessé le gouverneur du Texas, John B. Connally.

Le présumé tireur a été identifié comme étant Lee Harvey Oswald, mais celui-ci a nié et a maintenu être un bouc émissaire. Oswald n'a jamais subi son procès parce qu'il a été assassiné deux jours plus tard par un propriétaire de bar sketchy de Dallas, Jack Ruby. 

Il n'en fallait pas plus pour que l'assassinat de John F. Kennedy, jeune président populaire mais détesté à la fois, fasse l'objet de multiples théories du complot et légendes urbaines encore vivantes aujourd'hui.

Le sixième étage sert aujourd'hui d'espace d'exposition sur l'assassinat de JFK. La scène a été reconstituée telle qu'elle a été trouvée par les enquêteurs le 22 novembre 1963.

La fenêtre du coin de l'entrepôt

La vue qu'avait le tireur en 1963

La vue aujourd'hui (mais de la fenêtre d'à côté)

La motorcade de Kennedy arrivait du sud par la rue Houston

Et tournait vers l'ouest sur Elm, juste devant la fenêtre de l'entrepôt

Le tir mortel est arrivé là où se trouve l'auto sur cette photo

Cet endroit s'appelle Dealy Plaza et mis à part les arbres et quelques lampadaires, n'a pas beaucoup changé entre 1963 et 2026.

Oswald avait été embauché pour travailler à l'entrepôt un mois plus tôt. 

Demande d'emploi de Lee Harvey Oswald

Cet individu au passé trouble est lui-même assez mystérieux pour alimenter un bon nombre de théories qui collent au contexte particulier de 1963 Guerre aux communistes, guerre au crime organisé, réformes sociales et promotion des droits civiques, Kennedy était critiqué à droite comme à gauche sur tous ces sujets. Et la CIA était au coeur d'opérations douteuses mises au jour au lendemain du fiasco de la Baie des cochons à Cuba, ce qui donnait raison aux plus cyniques et aux plus sceptiques face au pouvoir. Et Oswald pouvait être associé assez facilement à la mafia ou à l'URSS, selon la théorie qu'on choisissait.

Le trajet de la motorcade avait été publié dans les journaux. De même que des publicités achetées par ses opposants.

L'exposition résume les enquêtes et les rapports des commissions qui se sont penchées sur les événements, et présente les techniques de reconstitution disponibles à l'époque. Chacune d'elles permet d'avoir des doutes sur un élément ou un autre qui demeure inexpliqué ou non vérifié. On parlera donc de l'assassin, des tirs et des douilles, ou de la provenance des tirs au conditionnel pendant des décennies.

Un film qui donne la ligne du temps

Les caméras qui ont pris les photos célèbres

Oswald, qui a été dans le Marine Corps plusieurs années, avait quitté en 1959 pour s'installer en URSS où il a marié Marina Nicolaïevna. 


Le couple s'installe ensuite à Dallas. Ruth Paine, une amie du couple qui a appris le russe, les héberge un certain temps. C'est chez elle qu'Oswald était la veille de l'assassinat. La maison de Ruth Paine, à Irving en banlieue de Dallas, a été perquisitionnée. Cette maison est aujourd'hui un musée qui raconte plus en détail cette partie de l'histoire. À visiter une prochaine fois.

Perquisition chez Ruth

On ne saura jamais ce qui aurait motivé Oswald, et l'implication d'autres personnes ou institutions n'a jamais été démontrée. Mais selon différentes sources, l'immense majorité des Américains croient qu'Oswald n'a pas entièrement agi seul.

Arrivée à Dallas, 22 novembre 1963

JFK Memorial, derrière le palais de justice!

Affamés après avoir visité cette formidable exposition, nous avons choisi le restaurant le plus proche qui servait autre chose que des tacos ou des burgers, et avons abouti dans un restaurant indien tenu par un parisien, le Mayfair Garden. Il nous dit être déçu de son projet de resto à Dallas, parce que la main d'oeuvre ici n'est "pas professionnelle". Les gens ne savent pas couper un onion et demandent des salaires faramineux selon lui. Il se retrouve aux fourneaux alors qu'il préfèrerait se la couler douce tout en exploitant des sous chefs mal payés. Entéka, ses sandwichs French kabab et Poulet tikka étaient très bons quoique trop épicés à-notre-goût.

De là, on explore le Downtown à pied pour le reste de l'après-midi.

Hôtel de ville de Dallas, où a été tué Oswald

Un ancien siège social converti en logements de luxe


Hotel The Statler, 1956, qui a conservé son look mid-century



AT&T possède une portion démesurée du centre-ville de Dallas


The Eye, oeuvre auto-portrait de Tony Tasset, 2010

Hotel The Aldolphus, 1912, vu de la place AT&T

L'emblème de Dallas, le Pegasus sur le toit du Magnolia



Commentaires

  1. la citation du jour :

    On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d'hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un dieu.
    Jean Rostand, Pensées d'un biologiste

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  2. un oeil comme auto-portrait, c'est nul. Mon auto-portrait sera une magnifique toison dorée, peut-être avec une couronne dessus, j'y réfléchis.
    Donald

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